le nouveau coup de cœur de Karim

 

coup_coeur

Les oies de l’Île Rousseau
Xochitl Borel
éditions de l’Aire
296 pages

Dans le nouveau roman de Xochitl Borel, on sent les caresses de la lune, souvent ; elle nous fredonne que même à Genève, il y a la mer, là-bas, et que la distance qui nous en sépare a surtout trait à notre imagination et à notre regard. « Naître c’est déjà échouer sur la terre » suggère une des silhouettes principales, l’auteure nous proposant alors d’être des naufragés dessinant sur le sable, pour soi et pour d’autres, dans nos limites de coquillages à pattes. Les personnages du livre sautent par des fenêtres qui ne réussissent pas toujours à ouvrir sur l’ailleurs ; certains en meurent, d’autres rebondissent jusqu’à l’odeur des fleurs dans le bal démasqué du printemps. On croise bien des noms de poètes dans ces pages qui, à la fin, leur sont dédiées à tous. Il y a des policiers défroqués, des prostituées restituées à leur complexité, un enfant qui ne veut pas parler parce qu’il lui manque une paume et des doigts où se sentir vivre ; il y a aussi du poulet aux amandes et des vaches aguicheuses prêtes à aller festoyer dans des thés dansants. Tentant, non ?