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Le pays d’en haut
Marie-Hélène Lafon
entretiens avec Fabrice Lardreau
coll. Versant intime, Arthaud
février 2019, 148 page

L’énergie volcanique de Marie-Hélène Lafon

Il y a quatre années de cela, quand je suis arrivée à La Méridienne, nous recevions Marie-Hélène Lafon. Déjà alors, elle revenait à la librairie pour renouer un dialogue instauré quelques années auparavant avec ses lecteurs de La Chaux-de-Fonds. Entre-temps, je suis devenue l’une de ses lectrices ferventes. Sa phrase, reconnaissable par son rythme puissant et un choix précis du vocabulaire, m’a saisie. Son dernier livre, « Le pays d’en haut », consiste en un entretien avec Fabrice Lardreau mené dans le cadre d’une nouvelle collection des éditions Arthaud : Versant intime.

L’écrivain et journaliste propose à des auteurs de parler de leur rapport avec la montagne, milieu duquel ils sont issus ou dans lequel leur pratique littéraire s’inscrit. Intimement liée au Cantal, massif où elle a passé son enfance et son adolescence, l’œuvre de Marie-Hélène Lafon en porte les stigmates : les personnages qui la peuplent sont des figures de ces lieux. Ce qui fascine toutefois c’est la manière dont le matériau de la phrase-même semble transmettre « l’énergie volcanique » du Cantal. L’expression de Pierre Bergounioux lui « convient » (p.52). Il y a dans ses livres une fougue préservée par l’écriture qui nous rappelle un monde sauvage. Lectrice admirable de ses propres textes, elle nous transmet cet enthousiasme éruptif. Je me réjouis de l’accueillir à nouveau en nos lieux chaleureux !