le samedi 22 février de 11h à 13h
Autour de la revue “Les moments littéraires – revue de l’écrit intime”.
Gilbert Moreau, son directeur nous en fera une présentation.

Lectures par Anne Brécart, Marina Salzmann, Jean-Pierre Rochat, Jean-Bernard Vuillème et François Vassali (contributrices et contributeurs du numéro 43 intitulé Amiel & Co et consacré aux diaristes suisses) Luc Weibel présentera le Hors Série: Correspondance d’Elisa Guédin et Henri-Frédéric Amiel.

Suivi d’une discussion et d’un apéritif


coup_coeur


Le lambeau
Philippe Lançon
Collection Blanche, Gallimard
512 pages

Si Philippe Lançon a réussi à pareillement nous subjuguer avec son « Lambeau », retenant notre souffle dans les mailles serrées de son filet à beautés avant de le libérer en l’ayant rendu plus ample, plus bigarré, plus acéré, c’est qu’il affûte sa plume depuis longtemps. Chroniqueur à « Libé » et à « Charlie Hebdo », il y a « dérivé » et « musardé » bien avant les attentats, en prenant l’actualité comme impulsion et comme chambre d’échos. Il était question de ne pas répondre ou affirmer – d’autres le font assez fort, vulgairement et maladroitement -, simplement de soupeser l’urgence imposée du présent en convoquant à ses côtés l’imagination, la création, le vide, le sable ; liste non exhaustive.

Ses « Chroniques de l’homme d’avant », publiées par « Les échappés », nous donnent à en lire une mosaïque où miroitent le tsunami et la mort de Milosevic, en passant par la disparition fantasmée des avions. Lançon a dit à un journaliste, surpris de la bienveillance enveloppant son « Lambeau », que c’était sa seule manière, défiguré et alité, de se montrer « digne » et « vertical ». Ces chroniques montrent que cette grandeur d’âme a été sculptée chaque jour, en s’éloignant du prêt-à-(dé)penser martelé par le son creux du Spectaculaire Permanent.